Souveraineté numérique : Où dorment réellement les données des petites organisations ?

Le terme « souveraineté numérique » revient de plus en plus souvent dans l’actualité. Pour beaucoup de gestionnaires de petites organisations, ça sonne comme un grand concept théorique. C'est plus une affaire de lois internationales ou de grands ministères.

Pourtant, la souveraineté numérique commence sur le bureau de l'adjointe ou l'adjoint, dans le logiciel du comptable ou dans la boîte de courriel des employés. C'est une question très terre-à-terre : Lorsqu'une information confidentielle est enregistrée, qui en est le véritable maître ?
La dépendance invisible
Au quotidien, pour des raisons de simplicité ou de budget, les petites organisations utilisent des fonctionnalités WEB. Elles sont régies par les lois du pays d'appartenance de leur exploitant. Par exemple, on utilise leurs suites bureautiques, leurs outils de partage de fichiers ou, plus récemment, leurs intelligences artificielles génératives comme ChatGPT, Gemini ou Copilot.
Ces outils sont formidables, gratuits ou très peu dispendieux, mais ils imposent une contrepartie invisible : les données que vous leur fournissez quittent l'organisation, traversent les frontières et vont se loger dans des centres de serveurs soumis à des lois étrangères.
Le jour où ces plateformes changent leurs tarifs, bloquent un accès ou modifient leurs conditions d'utilisation, l'organisation se retrouve face à un fait accompli. Elle n'a plus le contrôle de ses données et peut-être même de ses outils d'opération.
Ramener le contrôle à la maison
Prendre soin du numérique sous l'angle de la souveraineté, ce n'est pas couper Internet ou refuser le progrès. Il s'agit simplement de faire des choix conscients et sensés :
  1. Savoir où l'on loge : Privilégier, lorsque c'est possible, des outils ou des hébergeurs locaux, soumis aux lois de notre propre région ou pays (c'est particulièrement pertinent pour les données dites confidentielles).
  2. Explorer le local : Savoir qu'il existe aujourd'hui des solutions (et même des modèles d'intelligence artificielle) qui sont capables de tourner localement. Ces solutions permettent d'exploiter directement sur les ordinateurs de l'organisation de l'IA générative, sans jamais envoyer la moindre donnée sur un ordinateur externe.
Se poser la question de la souveraineté, c'est s'assurer que les fondations de l'environnement numérique appartiennent toujours à l'organisation.

Un pas à la fois
Cette semaine, la réflexion ne demande aucun outil technique. Il s'agit simplement de regarder les 2 ou 3 applications les plus importantes de votre organisation et de vous demander : « Si ce service s'arrêtait ou changeait ses règles demain matin, serions-nous paralysés ? » C'est le point de départ de l'autonomie.
Pour les organisations qui souhaitent explorer comment utiliser les technologies modernes (comme l'IA) tout en gardant un contrôle absolu et local sur leurs informations, j'ai partagé mes réflexions dans ces deux publications :
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Au plaisir de poursuivre cette exploration avec vous, et à bientôt !
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